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Calderon
de Pier Paolo Pasolini

Paris / 2005-06-03
Catherine Umbdenstock
Pauline Zurini


 

la Scénographie

Calderon ou les territoires face à face

L’espace de Calderón s’offre de manière générale au spectateur comme un labyrinthe à l’intérieur duquel se confrontent et s’affrontent de nombreux territoires parallèles : souterrains de la contestation et lieux officiels du pouvoir, territoires intimes et politiques, affectifs et idéologiques, fictionnels et réels.
Ainsi, «histoire» et «Histoire», sans jamais s’écrire dans les mêmes lieux, s’écrivent ici simultanément, se parasitent, luttent et se mêlent comme le sang de deux amazones au combat.
Le travail scénographique s’attachera ici à mettre en évidence cette multiplicité, cette simultanéité de l’espace avec ses cloisonnements, ses failles et ses caches nécessaires à la circulation vitale des gestes et des paroles. La notion de décor théâtral est dans ce texte fondamentale, ses parois sont minces et le carton se déchire peu à peu : tous les artifices sont mis à nu. Il s’agit maintenant de regarder au travers et de faire table rase des conventions. Les situations se répètent indéfiniment en tous lieux, cette machine infernale qu’est l’humain commence à s’emballer et apparaît dans toutes ses contradictions, fantasmes et illusions.
Avec Calderon, notre temps n’est plus celui de la transmission rassurante des générations, de cet ordre stérile de l’avant et de l’après, il est celui des raccords historiques impossibles, d’un chaos fécond, d’un montage de lieux indistincts dans un réseau globalisant où désespérément nous interprétons cette fable de masques grotesques que nous nommons «réalité».

Clément Cogitore

Le lit comme élément central...